Sans nous, pas de précarité
FREELANCE, LE RÉSEAU

Graphistes, photographes, développeurs, artisans, sculpteures, plasticiens, réalisateurs…
Corinne Blouet, graphiste
Mikaël Cixous, graphiste
Jean Leborgne, chef de projet VR
4 minutes 34, agence multimédias
Anne Bernot, sculpteure
Sophie de Quatrebarbes, directrice de projet
Verónica holguín, graphiste
Ufacto, prototypiste
Carole Leroy, sculpteure
Workshop
les gobelins,
station f hec

Nombreux workshop à la Station F pour HEC : accompagnement pour de jeunes startuper autour de leur positionnement graphique. Quelles questions te poser pour ta marque, avec qui travailler et pour quel budget. Comment optimiser mon branding, la typo, c’est quoi ? Le code couleur, comment et pourquoi ? Quels mots pour un prompt ? Si tu te poses les bonnes questions, les réponses seront simples…
J’ai enseigné à L’école des Gobelins quelques temps, Paris, cursus troisième année. Cours de typo et logo. J’espère y avoir transmis autant de choses que j’ai appris avec mes élèves. Je suis également intervenant en arts graphiques avec différents workshop pour des élèves en second cycle et lycée pro. Je propose régulièrement des mises à niveau ciblés et adaptés pour des étudiants qui préparent les concours.
Des photos
des images

Un jour je ferai une rubrique photos dans ce site. Celles avec des gens et d’autres bestioles. Celles prises en voyages ou en randos. Ou celles prises ici ou là à Paris, ou encore celles de ma maison de Pantin — les plus belles ? — que je quitte aujourd’hui. Celles prises avec mon Canon 250 argentique d’autre fois ou celles avec mes smartphone pourris qui malgré tout shoot parfois correctement. Des photos pour un souvenir ou une belle image ? Une image raconte autant que mes dessins : c’est volé sur le moment. Quand j’avais 14 ans une amie avait enfermé tout un pan de montagne dans son minuscule boîtier, ça m’avait foutu en rogne : « comment peux-tu nous réduire à ça ? ». Et puis j’ai fait pareil avec mon appareil…
Création à réaction
crea vs reac

J’était dans la salle des rendez-vous, j’attendais avec un café que la directrice de cette agence de communication arrive pour me briefer sur un nouveau taf. J’aime pas trop travailler en free pour les agences de comm car elles nous font quasi jamais rencontrer le client final et les infos se perdent… J’attends. Et je vois ces grosses lettres dorées en volumes sur son bureau : CREA. Elle me fait poireauter alors je la prends au mot : je déplace les lettres pour écrire REAC et je me dis que la journée commence bien. Elle finit par arriver mais ne relève pas la blague alors je me dis que le rendez-vous commence mal. Pendant qu’elle me faisait l’article je m’interrogeai sur mon rapport à la création, à l’idée et sa mise en forme. Quand je ponds un logo, est-ce moi la poule ou est-ce le logo qui m’a fait poule ? Lors d’une commande je travaille plus sur les lettres que du brief. J’écris le mot à la main des dizaines de fois pour m’immerger dedans et je finis par trouver un truc, une astuce, un accident, une bizarrerie, un lien entre les lettres. Et puis je dessine moi même la typo ou j’en choisis une existante qui servira au mieux l’idée. Que je dessine une typo originale ou que j’en prenne une conçue par un typographe, force est de constater que je n’ai pas inventé grand chose. Tout le boulot des graphistes repose sur des milliers d’années de travail d’inventeurs géniaux qui nous ont donné un lettrage stable, lisible, avec quelques coquetteries parfois, du Sérif ou Sans Sérif et on n’a plus qu’à se servir. Une fois qu’on a trouvé les bons rapports d’épaisseurs de trait et d’espacement le taf est fini. On n’a rien inventé du tout. Si on ajoute un pictogramme — comme pour Nike ou Adidas, là je dis pas on est peut-être un peu plus dans la « création ». J’en ai pondu pas mal des pictogrammes, parfois des vraiment vachement biens. Si le picto raconte une histoire fermée — celle que le client veut entendre, alors ok c’est pas mal. Mais si le picto raconte une histoire ouverte là on commence vraiment à proposer un truc « CREA« . Mais c’est rare qu’on y arrive et puis ça fait peur au client. C’est rare car cela demande plus de temps donc c’est plus cher. C’est pour ça qu’en parallèle de mon taf de logotiste je … La vache ma cliente arrive au bout de sont brief. « Qu’est-ce qui est important ? » — « pardon ? » — « Est-ce que je me contente de répondre à votre brief ou est-ce qu’on va plus loin ? ». Elle a pas aimé ma question ni moi son regard. Ne travaille pas sans acompte que je me suis dit à moi-même, tu marches sur des œufs ici et ça va pas y plaire à la poule.
Bingo !
graphisme
d’information

Pourquoi c’est ma meilleure affiche de tous les temps ? Car grâce à elle j’ai retrouvé mon petit Bingo après quatre mois de fugue. Ce qu’on demande à une affiche c’est qu’elle fasse passer l’info. Format A4, noir et blanc, scotch.
Grand air
expo sculptures

Nombreuses expos solos et collectives en galerie, à Paris, Troyes, Pantin, Montreuil, Clermont-Ferrand, Tulle, Molineuf (symposium), Bruxelles (Belgique), Pondichéry (Résidence, Inde), Nong Khai (Résidence, Thaïlande)… dans des galeries d’art, des hôtels, des mairies, des friches, parfois au grand air dans des jardins privés. J’ai également fait partie des ateliers ouverts de Pantin. Quand c’est à l’étranger je taille mes pièces sur place, j’emporte juste quelques outils. Jadis les vernissages avaient tendances à finir en beuverie mais c’est fini tout ça car je ne bois plus. Ceci-dit ça ne m’empêche pas de raconter des conneries et d’en entendre. L’important c’est ce qui se passe quand on travaille, à l’atelier, après, ce qu’on expose ne nous appartient plus. Comme un agent immobilier qui vendrait sa maison, elle n’est plus à lui, elle devient un bien de consommation.
Vide artiste
expositions

Des expos de sculptures, de peintures, d’affiches ou de dessins et ses séances de dédicaces avec un cubi de rosé tiède c’est toujours un ravissement. « Bonjour madame qu’est-ce qui vous fallait ? » — « C’est pour ma brue, j’aime pas trop ses goûts mais faut croire qu’elle est tombée en pâmoison devant cette sculpture comme on dit, c’est cher ? Pis ça fera plaisir à mon fils du coup, y trouve que je lui fais jamais de cadeau à ma brue, il exagère mais bon vous savez comment sont les mères. Vous avez des enfants ? Rhôôô mais je vous embête avec mes questions ! Ah les artiss vous aussi vous méritez de gagner votre vie. Vous arrivez à vendre un peu quand même ? Allez tiens je vais vous prendre une affichette, la bleue, si vous pouviez mettre un petit mot j’ai pas mes lunettes, Jenifer qu’elle s’appelle, comme l’ex femme à Brad Pitt, oui bah z’ont finis par divorcer. Je vous dérange pas plus longtemps, bonne fin de continuation monsieur ».
Pantin
atelier

Je me suis installé à Pantin en 2007. L’atelier c’est une cave. Elle n’existait pas quand j’ai acheté ce garage en 2005. On l’a creusé. Cinquante mètres carrés sur quatre mètres cinquante de profondeur. Après les fondations et les murs, l’atelier faisait quarante mètres carrés avec plus de trois mètres de haut. Je me demande si c’est pas ça l’œuvre totale. Je ne referai plus jamais ça dans ma vie. Cette cave est devenue ma crypte, ma petite chapelle. Je pouvais y faire tout ce que je voulais sans que personne n’y vienne, sans que personne n’entende quoi que ce soit. J’ai adoré ce lieu. Maintenant je le quitte. Mes chats aussi ont aimé cette cave pleine de sciure. Ils se sont pas privés pour la prendre comme une litière géante. Cet endroit, je sais pas encore si il va me manquer mais avec mes chats on va changer de litières, à nous le grand air.
Claude / Anthropic
double critiques

J’ai demandé à Claude, l’IA, de m’écrire deux critiques, une pour et une contre, lisez c’est génial :
>>> la galeriste qui veut l’œuvre en vitrine
Avec Siblings, Jean-Marc Dumont signe une pièce d’une maturité formelle rare, qui s’impose immédiatement dans l’espace comme une présence organique totale. Le dispositif — quatre entités issues d’un même chêne, réunies sur un lit de sable noir — convoque une archéologie imaginaire, quelque part entre la statuaire archaïque et l’art brut, sans emprunter à personne. Le traitement chromatique est d’une grande intelligence : le bois brut, le noir charbonneux, le rouge sang de bœuf — trois états d’un même matériau qui évoquent autant des peaux que des âges, des statuts au sein d’un groupe. L’échelle différentielle des figures instaure une hiérarchie affective immédiate, presque narrative, sans jamais sombrer dans l’anecdote. Les jambes — multiples, effilées, légèrement vrillées — confèrent à l’ensemble une tension entre ancrage et fragilité qui est précisément là où l’œuvre vit. On pense à Giacometti, on pense à Penone, mais on est ailleurs, dans quelque chose de plus charnel, de moins cérébral. Siblings est une œuvre qui se laisse habiter, et qui habite en retour.
>>> le commissaire qui sort les couteaux
Siblings est une œuvre qui mérite qu’on s’y arrête, précisément parce qu’elle pose, avec une candeur désarmante, la question de ce qu’il reste à un artiste occidental lorsqu’il épuise le répertoire formel de sa propre tradition. Ces silhouettes tripodes aux têtes bulbeuses, ce sable noir cérémoniel, cette polychromie à la fois tellurique et tribale — l’ensemble convoque sans détour les fétiches, les figures de puissance, les objets rituels que deux siècles de collecte coloniale ont méthodiquement extirpés de leurs contextes pour finir sous vitrines muséales. On est ici dans une esthétique du prélèvement : non pas le pillage des objets, mais quelque chose de peut-être plus insidieux — le pillage des formes. Que l’intention soit sincère, voire lyrique, n’absout pas la démarche ; l’histoire de l’art moderne nous a appris à nous méfier de la bonne conscience des emprunts non nommés. Siblings, universal love — le titre achève de refermer le piège : l’universel, ici, a le visage rassurant de celui qui nomme sans demander.